Fatigue écrasante, irritabilité au plafond, envie d’hurler sur tout le monde en mode dragon, de pleurer pour un rien, ventre gonflé ou douleurs… Si les jours qui précèdent tes règles ressemblent à un petit chaos intérieur, respire : tu n’es pas folle et tu n’es pas seule, il s’agit très probablement d’un syndrome prémenstruel (SPM).
Il est tellement répandu qu’on a tendance à l’accepter comme une norme dans notre société. Bonne nouvelle : non, le SPM n’est pas normal et non le SPM n’est pas une fatalité! Tu n’as pas à accepter de subir cela, le SPM peut être soulagé durablement grâce à une meilleure compréhension de ton cycle et à des ajustements d’hygiène de vie adaptés.
Se résigner parce que l’on ne souhaite pas modifier ses habitudes, c’est un choix. Mais se résigner en pensant qu’on ne peut rien y changer, non.
Très fréquent, jusqu’à 80 % des femmes sont concernées avec une intensité très variable. Il est encore trop souvent minimisé, voire accepté en silence.
C’est une réalité physiologique qu’il est temps d’explorer. Faisons le point sur ce qui se joue vraiment.
Qu’est ce que le Syndrome Prémenstruel (SPM)?
Le SPM regroupe tout un ensemble de symptômes physiques et émotionnels qui débutent environ 5 jours avant les règles et disparaissent généralement à leur arrivée. L’arrivée des menstruations est souvent une délivrance (pour le SPM en tout cas, car pour certaines, ce sont les douleurs de règles qui prennent le relais…) !
Il survient généralement environ 5 jours avant les règles, mais il peut aussi débarquer tout de suite après l’ovulation, dès le début de la phase post-ovulatoire. Le syndrome prémenstruel est très courant mais ce n’est pas une raison pour le considérer comme une fatalité. Il touche 20 à 40 % des femmes en âge de procréer de manière modérée à sévère et jusqu’à 80% des femmes si l’on inclut les formes légères.
La phase lutéale de ton cycle (entre l’ovulation et les règles) agit comme une boussole interne. C’est physiologiquement une période de lucidité où tu repères plus facilement ce qui ne va pas et ce qui doit changer dans ta vie. Il est également tout à fait normal de se sentir un peu fatiguée avant la période menstruelle et d’avoir quelques tiraillements dans le bas du ventre, de sentir que « ça travaille » ou d’avoir un peu plus faim pour des raisons hormonales.
En revanche, se transformer en dragon dès que ton/ta partenaire respire ou être pliée en deux de douleur n’a rien de physiologique ! C’est souvent le signe qu’un déséquilibre hormonal est à l’œuvre (notamment entre œstrogènes et progestérone): la bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’apaiser tout ça !
Quels sont les symptômes du syndrome prémenstruel ?
Il existe plus de 150 symptômes associés au SPM. Chacune réagit très différemment en phase prémenstruelle. Tu peux souffrir d’une seule problématique ou de plusieurs, et ces manifestations peuvent varier en fonction des cycles.
Voici quelques exemples de manifestations courantes recensées comme pouvant appartenir au SPM. Il s’agit d’une liste non exhaustive!
Les symptômes physiques du SPM:
- Douleurs dans le bas ventre et/ou dans le dos
- Seins gonflés et/ou douloureux
- Ventre gonflé, ballonnements
- Fringales (envies irrésistibles d’aliments gras, salés ou sucrés)
- Grosse fatigue
- Sueurs nocturnes
- Problèmes digestifs (constipation, diarrhée, ou alternance des deux)
- Migraine, acné, mycose, …
Les symptômes psychologiques du SPM :
- Irritabilité, colère, variations d’humeur
- Angoisse, anxiété
- Tristesse, légère déprime
- Baisse de la libido
- Trouble de la concentration
- Perte de confiance en soi,…
En clair, si tu as envie de quitter ton +1, de vendre tes enfants, de poser ta démission ou de rester prostrée en boule dans ton lit en espérant que le monde entier t’oublie, jette un oeil à ton cycle menstruel pour voir où tu en es avant de prendre toute décision hâtive!
Il faut aussi noter que les symptômes du SPM peuvent varier d’un cycle à l’autre, pour une même femme.
Attention : une dépression sévère avec des idées suicidaires ne relève pas du SPM mais d’un TDPM ou Trouble Dysphorique Prémenstruel, qui nécessite une prise en charge médicale.
Pourquoi et comment expliquer le SPM à ses proches?
Expliquer le SPM à son entourage, ce n’est pas forcément évident. Pourtant, mettre des mots simples sur ce que tu vis au fil de ton cycle peut tout changer pour désamorcer les tensions à la maison avec ton/ta partenaire.
Voici quelques pistes pour leur faire comprendre la réalité de ce que tu traverses et inciter ton entourage à faire preuve de bienveillance pour laisser la vague passer:
- Une femme est cyclique: contrairement aux hommes, chaque mois ces fluctuations hormonales ont des incidences sur son corps, son énergie mais aussi son humeur.
- Ce n’est pas contrôlable: parfois tu ne te reconnais pas toi-même, ce sont tes hormones qui prennent le contrôle. Ce n’est ni un manque de bonne volonté ni un trouble de la personnalité, c’est lié aux variations des hormones au cours du cycle.
- Utilise la métaphore de la météo ou de la marée : explique à ton/ta partenaire que tu ne « fais pas exprès » de t’agacer pour rien. C’est un peu comme une tempête de saison : tu n’as pas choisi qu’elle arrive, mais elle est là, et tu as besoin d’un peu de douceur (et de calme) pour la laisser passer.
- Parle de biochimie, pas d’humeur : dis-leur clairement : « Ce n’est pas contre toi. Mes hormones chutent brutalement, mon cerveau manque temporairement de sérotonine ou GABA pour m’apaiser et être de bonne humeur, et mon corps est en mode « batterie faible ». J’ai juste besoin que tu ne m’en veuilles pas si je suis à fleur de peau. »
- Demande de l’aide concrète : plutôt que de porter toute la charge mentale pendant cette semaine critique, dis à tes proches ce qui t’aiderait vraiment : un peu plus de soutien sur les tâches à la maison, le droit de souffler en silence, ou simplement un gros câlin sans chercher à « régler » le problème à ta place.
Comprendre d’où vient le SPM, c’est déjà réaliser qu’on ne subit pas une fatalité, mais un message fort de son corps qui demande un peu plus d’écoute et de bienveillance de la part de tout le monde !
Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale.