Avant de lire cet article, je te conseille de jeter un œil à mon article sur le cycle menstruel équilibré et au premier article sur la définition et les symptômes du SPM.
Les différentes études indiquent que le SPM est multifactoriel. Cela implique une interaction complexe entre les hormones sexuelles, les neurotransmetteurs ou encore le système neuro-endocrinien.
Une des causes du SPM serait liée à une sensibilité aux variations hormonales en phase lutéale, souvent associée à un déséquilibre entre œstrogènes et progestérone, ainsi qu’à des facteurs comme l’inflammation, la sérotonine, certaines carences nutritionnelles ou une dysbiose intestinale.
Que se passe-t-il au niveau hormonal avant les règles ?
Comme on a commencé à le dire, le syndrome prémenstruel est a priori lié à un déséquilibre hormonal en fin de cycle menstruel.
En première partie de cycle, notre cerveau et nos ovaires travaillent ensemble pour permettre l’ovulation et ce sont les oestrogènes sécrétés par les follicules ovariens en maturation qui dominent .
Après l’ovulation, notre « paysage » hormonal change, puisque c’est la progestérone, sécrétée par le corps jaune (le follicule vidé de son ovocyte) qui devient l’hormone dominante. La sécrétion de progestérone suit une forme de cloche : elle grimpe progressivement pour atteindre son niveau maximal environ 7 jours après l’ovulation, puis en l’absence de grossesse, décroît progressivement jusqu’aux règles.

Ainsi, après l’ovulation, on a :
- Une progestérone qui grimpe progressivement, puis qui décline doucement
- Des oestrogènes qui continuent d’être sécrétés (mais en quantité bien moindre !), puis qui chutent également à l’approche des règles
Or, en cas de syndrome prémenstruel, on se trouve généralement en situation d’hyperoestrogénie (trop d’oestrogènes) après l’ovulation :
- Soit les oestrogènes sont encore trop présents, alors que la progestérone est sécrétée de manière suffisante : on parle d’hyperoestrogénie vraie. Cela peut venir d’une mauvaise élimination par le foie et la flore intestinale des oestrogènes usagés, d’un excès de masse grasse (qui peut induire une surproduction d’oestrogènes via l’aromatase), ou de niveaux élevés d’insuline qui perturbent la fonction ovarienne.
- Soit le niveau d’oestrogènes est ok, mais la progestérone, elle, a du mal à atteindre un niveau suffisant : on parle d’hyperoestrogénie relative. Ici, on a plutôt un corps jaune qui manque de puissance pour sécréter sa progestérone en raison d’une ovulation de mauvaise qualité.
Dans les deux cas, la progestérone peine à prendre sa place, écrasée par les oestrogènes et on peut se retrouver en situation d’insuffisance lutéale. Or, c’est une hormone apaisante, au niveau musculaire et émotionnel, qui relaxe l’utérus et invite à la détente
Une mauvaise réaction du corps à la privation hormonale
À la fin du cycle menstruel, juste avant les règles, oestrogènes et progestérone chutent brutalement. Le SPM pourrait aussi prendre sa source dans une mauvaise réaction de l’organisme à cette “privation” hormonale en fin de cycle trop dure à encaisser.
Une inflammation sous-jacente
En cas de SPM (et notamment de douleurs physiques), on remarque aussi une certaine inflammation de l’organisme en général. Le terrain inflammatoire augmente la sensibilité des récepteurs aux oestrogènes et rend les récepteurs à la progestérone moins efficaces. L’inflammation exacerbe la sensibilité des récepteurs, ce qui signifie que même une quantité normale d’oestrogènes peut déclencher des réponses excessives dans le corps.
Par ailleurs, lorsque l’endomètre se prépare à être détaché de la paroi utérine, des molécules pro-inflammatoires entrent en piste: les prostaglandines. Elles permettent les contractions utérines. Mais quand elles sont en surnombre, les contractions utérines deviennent fortes et douloureuses.
Une possible carence en sérotonine
Le lien entre un manque de sérotonine et le SPM est bien documenté dans la littérature scientifique. La sérotonine est un neurotransmetteur crucial dans la régulation de l’humeur, du sommeil et de l’appétit. Les oestrogènes étant des boosters naturels de sérotonine, sa synthèse va avoir tendance à suivre la courbe des oestrogènes. En fin de phase lutéale, la chute brutale des oestrogènes entraîne un effondrement de la sérotonine pouvant expliquer l’irritabilité, l’impulsivité, l’agressivité, l’anxiété, la tristesse, les troubles du sommeil et les pulsions sucrées.
Des carences nutritionnelles
Certaines carences pourrait également expliquer le SPM :
- Une carence en bons gras, notamment en omégas 3 anti-inflammatoires et régulateurs du système nerveux. Nos hormones sont fabriquées à partir du cholestérol : on en a besoin pour produire suffisamment de progestérone!
- Une carence en magnésium, indispensable à l’équilibre nerveux et à la fonction musculaire (l’utérus est un muscle, le myomètre, pour permettre les contractions)
- Une carence en vitamine B6, cofacteur indispensable à la synthèse de sérotonine et de GABA (neurotransmetteur apaisant du cerveau). Elle est surutilisée en cas d’hyperoestrogénie.
- Une carence en vitamine D, impliquée entre autres dans la régulation de l’humeur.
- Une carence en calcium qui peut perturber la synthèse de sérotonine.
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Une dysbiose intestinale?
Si la flore intestinale est déséquilibrée (levures, bactéries opportunistes, fermentation excessive), alors la plus grande tolérance du système immunitaire en phase lutéale peut influencer la mise en avant de certains symptômes.
En d’autres termes, la vigilance diminue, ce qui amplifie momentanément les ballonnements, la constipation ou la diarrhée, le brouillard mental, l’anxiété, la fatigue ou encore des signes de type histamine. Cette cause est encore en cours d’évaluation.
De nombreuses études sont encore en cours pour comprendre d’où pourrait précisément venir le syndrome prémenstruel. Il s’agit en effet d’un phénomène encore peu compris, d’autant que chaque femme atteinte d’un SPM est différente, avec des symptômes différents.
La zone pré-menstruelle agit comme un révélateur des manquements et carences: on peut aussi prendre le SPM comme une chance de retrouver un équilibre général et aller mieux!
Les facteurs aggravants du SPM
- Le stress chronique: c’est le plus grand perturbateur du cycle. Il perturbe l’équilibre endocrinien global via le phénomène de vol de la prégnénolone, amplifie l’inflammation, perturbe le sommeil et aggrave les fringales.
- Une baisse de la sensibilité à l’insuline : en phase lutéale, le corps devient naturellement plus résistant à l’insuline (jusqu’à 20 à 30 % de plus). L’insuline étant moins efficace pour faire entrer le sucre dans les cellules, le taux sanguin fluctue, provoquant des hypoglycémies réactionnelles et des fringales compulsives pour rétablir la glycémie.
- Le piège de l’histamine : les œstrogènes stimulent l’histamine, et l’histamine stimule les œstrogènes. Ce cercle vicieux favorise migraines, urticaire et troubles digestifs.
- Le café, l’alcool et le sel : la caféine favorise la fuite urinaire de magnésium et de calcium et consomme des antioxydants utilisés pour la détoxifier les oestrogènes. L’alcool dégrade la qualité de sommeil, augmente les migraines et la réactivité émotionnelle, il favorise aussi la libération d’histamine et ralentit le foie. Le sel en excès accentue la rétention d’eau.
- Un trouble de la thyroïde, comme une hypothyroïdie. Une thyroïde ralentie réduit l’énergie nécessaire à l’ovulation et ralentit la détoxification hépatique des hormones.
Comment savoir si on a un syndrome prémenstruel ?
Etant donné qu’il s’agit d’un trouble encore peu compris, le diagnostic du syndrome prémenstruel n’est pas simple à établir pour les médecins.
Pour savoir si tu en souffres, le mieux est de tenir un journal de bord des symptômes pour voir si tes symptômes sont réellement corrélés au cycle. S’ils reviennent tout le temps en fin de cycle et s’arrêtent spontanément à l’arrivée des règles, on peut penser à un SPM. Si tu en souffres tout le temps, ce n’est pas forcément liée au SPM mais par contre cela peut être amplifiée par la période prémenstruelle
Le caractère cyclique des symptômes est primordial pour valider un SPM. Les troubles doivent être suffisamment gênants pour impacter ta vie sociale, professionnelle ou relationnelle. Par contre, il est normal que cela bouge un peu, cela reste la phase lutéale mais cela ne doit pas être souffrant.
Le SPM est très fluctuant d’une femme à l’autre, et même d’un cycle à l’autre chez une seule et même personne. D’où l’intérêt immense de suivre ton cycle et ses manifestations !
Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale.